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Critique

Publié le février 27th, 2019 | par Daniel Palardy

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Alita Battle Angel

Alita Battle Angel Daniel Palardy

Summary: Univers visuellement impressionnant et bien construit. Scènes d'action percutantes et impressionnantes. Personnage d'Alita attachante, sensible et redoutable à la fois.

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À voir


L’adaptation de mangas au cinéma occidental a toujours été une tâche ardue depuis des années. Que ce soit pour cause de conflits culturels ou l’interaction parfois inévitable de producteurs peu connectés au matériel original, les œuvres nippones sur grands écrans Américains sont souvent mal représentées. Pour Alita Battle Angel, on peut dire que ses producteurs (dont James Cameron) et son réalisateur (Robert Rodriguez) se sont assuré de garder l’essence du récit intact par respect pour le célèbre manga écrit par Yukito Kishiro.

Dès le départ, les premières images de la ville d’Iron City et son univers post-apocalyptique nous emportent sans hésiter dans un monde en reconstruction, où son architecture blessée par la guerre et ses résidents déhumanisés par la technologie tentent de survivre aux temps difficiles. On nous présente Alita comme une nouvelle venue dans ce monde sans foi ni loi, comme une enfant en constante découverte, faisant abstraction avec les horreurs que la ville déchue lui réserve. Rapidement, le personnage se révèle, à travers sa quête d’identité, une redoutable machine à tuer constamment déchirée entre ses impulsions combatives pour protéger les innocents face aux injustices et ses émotions qui viennent la ramener plus près de son coeur cybernétique devenant malgré tout de plus en plus humain. Alita joue sans cesse avec les extrêmes, une partie intéressante de sa personnalité qui lui donne beaucoup de charme et de crédibilité.

Le film assume pleinement son désir de nous amener à travers des scènes d’action brutales, impressionnantes et percutantes, et ce avec fierté et efficacité. Les effets spéciaux, quoique parfois imparfaits, sont excellents sur tous les plans. Le personnage d’Alita, entièrement en images de synthèse (avec motion capture de l’actrice Rosa Salazar) réussit à nous émouvoir tout en démontrant une force de caractère et une intensité au combat sans précédent. Tous les cyborgs du film ont leur designs imaginatifs, fascinants et inquiétants à la fois. La scène du Rollerball, à elle seule, vaut le détour par son incroyable chorégraphie et sa violence inouïe, qui vient représenter l’oeuvre du manga à merveille.

De plus, la structure scénaristique du film demeure réussie malgré certains défauts, qui surviennent surtout à la fin du récit. Sans entrer dans les détails, la série de mangas propose une histoire sur plusieurs tomes, ceux-ci ayant leurs arcs scénaristiques qui peuvent s’avérer difficiles à représenter en un seul film de deux heures. Néanmoins, les scénaristes ont réussi à bien ficeler le tout, même si certains éléments peuvent avoir moins d’impact que dans l’oeuvre originale pour cause de temps. Bien que l’histoire possède plusieurs clichés évidents, il faut noter que l’oeuvre originale fut écrite vers la fin des années 80 et, voulant garder l’essence de l’oeuvre, les scénaristes ont gardé beaucoup d’aspects qui peuvent mal vieillir aujourd’hui pour certains.

Encore une fois, l’excellent Christoph Waltz joue avec brio le personnage d’Ido, le père spirituel d’Alita. Il est impressionnant de voir un acteur réel et un personnage en images de synthèse avoir une telle chimie à l’écran! Le personnage d’Hugo, par contre, est très différent de l’oeuvre originale: en effet, Keean Johnson y campe une version plus ‘surfer cool’ du protagoniste plutôt qu’un jeune brigand de la rue. Sans vouloir enlever quoi que ce soit à l’acteur, cette version du personnage me semble moins percutante. Jennifer Connelly, Mahershala Ali et Ed Skrein y campent des antagonistes intéressants, mais peu développés.

En toute honnêteté, Alita Battle Angel m’a pris par surprise. Peu impressionné par les bandes-annonces, j’avais porté peu d’attention à ce film qui, je l’avoue, m’a eu dès les premières minutes. Ses superbes scènes d’action, son univers disjoncté et les liens entre les personnages m’ont rejoint malgré le côté un peu fromagé sur le plan émotionnel. Peu importe ses défauts, j’ai adoré. Qui plus est, il est plus que nécessaire de présenter des héroïnes comme Alita au grand écran. À voir que vous soyez fans de l’oeuvre originale ou non!


FICHE TECHNIQUE

Date de sortie : 14 février 2019
Réalisateur : Robert Rodriguez
Distribution : Rosa Salazar, Christoph Waltz, Mahershala Ali
Genre : Aventure fantastique

Synopsis : Une cyborg (Rosa Salazar) ayant perdu la mémoire part en quête de son passé et son identité dans un monde post-apocalyptique sans pitié.

 

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À propos de l'auteur

Passionné de cinéma, bandes dessinées, jeux vidéos et musique, il est un grand curieux qui adore découvrir de nouvelles oeuvres. Grand fan des films de genre, il n'a pas peur d'aller explorer de temps à autre des navets de série Z pour mieux apprécier les oeuvres de série A. Des films d'horreurs poisseux de l'époque Grindhouse aux classiques de science-fiction, des thrillers de court martiale des années 90 aux films d'action des années 80, des drames sur Netflix aux documentaires sur son band rock préféré, il veut toujours s'inspirer pour mieux créer et parfois juste regarder un film pour mieux s'assoir. Il travaille présentement sur une bande dessinée en anglais du nom de Somnia, une oeuvre à long terme qu'il fait évoluer pour la partager. Ancien réalisateur pour la défunte série Youtube 'Je Joue le Jeu', il participe aux Let's Plays de la chaine 'C'est Nous Qu'on Joue' avec son comparse Guillaume Couture. Somnia: https://tapas.io/series/Somnia C'est Nous Qu'on Joue: https://www.youtube.com/channel/UCyDEBufAyxRD82chNJbmAQg



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