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Jeux Vidéo

Publié le mai 18th, 2019 | par Seth Goepfert

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A Plague Tale: Innocence – Frère et Soeur dans l’Inquisition

A Plague Tale: Innocence – Frère et Soeur dans l’Inquisition Seth Goepfert

Summary: Une direction artistique maîtrisée, une bande son envoûtante et un scénario de grande qualité en font une œuvre forte, indéniablement prenante. Mais un gameplay vacillant entre deux eaux ; basique la plupart du temps, et très agaçant sur la fin du jeu.

3.5


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Les bordelais d’Asobo Studios n’en sont pas à leur coup d’essai avec A Plague Tale. Après de nombreux jeux de commande pour Disney (Ratatouille, Wall-E…), le studio ose bousculer le petit monde des jeux de courses avec Fuel, un jeu en monde ouvert d’une taille jamais vue auparavant (plus de 14 000 km2, ce qui leur a même valu une récompense dans le Guiness Book). Malheureusement, cette immensité allait de pair avec de gros soucis techniques et surtout un vide intersidéral, mais restait ambitieux et agréable à jouer. Aujourd’hui, la proposition d’Asobo est toute autre, A Plague Tale marchant sur les traces d’un certain The Last Of Us, dans un univers rarement dépeint dans le jeu vidéo : l’Inquisition.

Sans surprises, le prologue, le tutoriel et un premier drame agissent de concert. Rien de vraiment surprenant, mais on entre de suite dans l’ambiance pour ne plus en sortir, et c’est un excellent point. Hormis une aberration chromatique… aberrante (les décors lointains qui sont floutés), l’esthétique du jeu est splendide, l’ambiance prend aux tripes, et les musiques sont parfaitement à propos. Un pur régal pour les yeux et les oreilles. Que dire également de la version française, qui sonne toujours juste. Tellement juste que les non-francophones devraient peut-être y jouer en version originale. On fait donc la connaissance de notre héroïne, Amicia, ainsi que de son petit frère Hugo, malade. Un événement tragique les conduira à quitter la ville pour aller chercher de l’aide, et c’est ainsi que nous les suivons en alternant des séquences d’infiltration légères, d’autres de poursuite, et parfois des séquences plus contemplatives. Nous sommes face à un jeu très narratif, et en dehors de quelques passages compliqués vers la fin du jeu, le tout se traverse très facilement. Et ce n’est pas un reproche, au contraire.

Mais l’attrait pour A Plague Tale, ce qui fait son originalité, ce sont ses rats. Ces rats noirs aux yeux rouges qui dévorent tout sur leur passage et sèment la peste. L’effet est impressionnant. Alors oui, restez devant et observez-les, et vous verrez les astuces de programmation comme un nez au milieu de la figure. Mais le fait est qu’en jeu, ça fonctionne parfaitement, et c’est là tout ce qu’on demande. Au fur et à mesure des 16 chapitres du jeu, Amicia débloquera des nouvelles capacités qui changeront l’approche de l’infiltration, mais inutile de s’attarder là-dessus ; vous prendrez plaisir à les découvrir par vous-même. Sachez simplement que le feu et la lumière seront vos meilleurs amis pour survivre à cet enfer, ce qui nous l’admettrons n’est guère surprenant. En parlant d’amis, on appréciera d’ailleurs de rencontrer d’autres personnages qui nous suivront pendant l’aventure. Il serait cruel d’en dire davantage.

Mais alors où est-ce que le bât blesse ? Qu’est-ce qui empêche A Plague Tale d’atteindre les sommets ? Sa gourmandise, pardi. Vouloir nous faire utiliser toutes nos compétences en nous envoyant de nombreux ennemis en armure (peut-être un hommage à Uncharted ?), ça peut le faire, avec les bonnes armes et une bonne organisation. Mais A Plague Tale est un jeu narratif à infiltration légère (oui j’insiste une seconde fois sur ce mot), et quand il essaie de faire comme Uncharted, il se ramasse complètement. Tout au long du jeu, nous voyons bien que les mécanismes sont linéaires, largement scriptés… mais ça passe. Ça ne rend pas le jeu désagréable le moins du monde. Non, le problème, c’est quand on nous balance une dizaine d’ennemis dans une zone ouverte, et qu’il est impossible de jouer la séquence complète sans faire exactement ce qui est prévu par les développeurs. Je repense notamment à un escalier avec cinq ennemis : vous ne pourrez pas réussir ce passage autrement qu’en tuant ces gardes dans un ordre précis. Alors on meurt. On recommence. On fait la même chose. Et ainsi de suite. Frustration bonjour, quand on passe un super moment pendant 90% du jeu, et que la fin devient juste… agaçante.

Difficile d’enlever à A Plague Tale ses qualités artistiques, ses partitions musicales, et cette histoire vraiment prenante. Mais un terrible sentiment de frustration nous envahit dans la dernière ligne droite. Une dernière ligne droite qui n’avait pas besoin de nous offrir ce « challenge », sincèrement on ne manque pas de jeux pour ça. On aura d’ailleurs une pensée émue pour tous les joueurs occasionnels qui feront A Plague Tale pour son histoire : bonne chance pour le chapitre 16 les gars !

Ah ! Et ce côté systématique de vouloir faire du « over the top » sur la fin d’un jeu, il faut vraiment cesser, s’il-vous-plait.


Fiche Technique

Distributeur: Focus Home Interactive
Date de sortie: 14 Mai 2019
Console: PlayStation 4, Xbox One, PC 
Genre: Aventure

Seth a pu essayer le jeu grâce à une clé de test remise par Focus Home Interactive .

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À propos de l'auteur

Passionné du noble art qu'est le jeu vidéo depuis trois décennies, Seth se définit comme étant un aventurier du JV, un touche-à-tout, avec des goûts très éclectiques. Déconneur, chambreur, speedrunner certifié sur Shadow of the Colossus, son péché mignon c'est les jeux horreurs. Avoir peur et crier comme une fillette, c'est la vie !



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