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Critique

Publié le février 11th, 2019 | par Daniel Palardy

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Le Prodige

Le Prodige Daniel Palardy

Summary: Bon scénario à la cadence trop rapide. Surprenant jeu du jeune acteur Jackson Robert Scott. Tension brisée par le rythme et les révélations trop hâtives.

2.5


Les films mettant en vedette des jeunes enfants possédés par des esprits démoniaques ou tout simplement psychopathes sont presque un sous-genre en soi dans la grande famille des films d’épouvante. Rares sont ceux qui réussissent à devenir des classiques comme The Exorcist ou The Omen, tombant souvent dans des clichés qui aboutissent vers l’absurde plutôt que le suspense et l’horreur. The Prodigy déjoue habilement certains pièges scénaristiques par ses idées intéressantes, mais passe tellement vite sous nos yeux qu’ils est impossible de pouvoir capter l’horreur potentielle de l’histoire.

Le scénario lui-même possède non seulement des moments forts mais également une thématique qui vient mettre les parents du jeune garçon dans une situation pratiquement impossible à surmonter sans effusions de sang, donnant lieu à un dilemme moral extrêmement difficile et cruel. Ce potentiel dramatique est malheureusement brisé par un rythme trop rapide, laissant peu de place à la tension créée par le jeu très inquiétant et nuancé du jeune Jackson Robert Scott, que l’on a vu dans le rôle du pauvre Georgie dans l’excellent remake de It. Les révélations de l’histoire arrivent de manière hâtive, nous laissant un film qui juge plus important de nous informer sur la nature du mal qui occupe le jeune garçon plutôt que de laisser place au suspense, à l’horreur et même à l’ambiguïté. Tout est clair et expliqué, comme si le scénariste avait peur de nous ennuyer ou nous laisser sur notre faim.

Mis à part le talent prometteur du jeune acteur, le reste de la distribution n’est malheureusement pas aussi marquant. Taylor Schilling et Peter Mooney dans le rôle des parents de l’enfant demeurent bons dans l’ensemble, mais les événements du film se succèdent trop rapidement, ce qui empêche parfois de pouvoir connecter avec l’horreur que vivent leurs personnages. De plus, la présence d’un personnage-cliché-spécialiste-en-la-matière (joué par Colm Feore), qui vient en aide au jeune Miles, semble exister seulement dans le but de faire avancer l’histoire. En effet, bien qu’il soit vital afin de démystifier le problème du jeune garçon d’un point de vue professionnel, celui-ci vient confirmer ce que l’on sait déjà et enlève toute ambiguïté possible, et ce avec l’accord précipité de la mère malgré la nature plutôt ésotérique du diagnostic de son fils.

Est-ce que The Prodigy vaut la peine? Oui et non. Le film me divise carrément, car son scénario contient des bonnes idées, des scènes potentiellement tendues, un jeune acteur prometteur et même une fin malgré tout surprenante. Malheureusement, son potentiel pour un suspense hors du commun est laissé de côté au profit d’un rythme trop rapide. Son crescendo dramatique demeure saccadé, nous expliquant tout de façon prévisible, sans aucun mystère. Pourtant, dans un film d’épouvante, rien n’est plus effrayant que l’ambiguïté qui laisse libre recours à l’imagination.


FICHE TECHNIQUE

Date de sortie : 8 février 2019
Réalisateur : Nicholas McCarthy
Distribution : Taylor Schilling, Brittany Allen, Colm Feore
Genre : Horreur

Synopsis : Sarah craint pour la sécurité de sa famille quand elle réalise que son jeune fils, Miles, est possédé par une force diabolique, voire surnaturelle. Afin de protéger son enfant, Sarah doit enquêter pour découvrir ce qui est à l’origine du mal qui l’habite.

Daniel a vu le film en avant-première gratuitement grâce à un billet de faveur remis par Entract Films.

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À propos de l'auteur

Passionné de cinéma, bandes dessinées, jeux vidéos et musique, il est un grand curieux qui adore découvrir de nouvelles oeuvres. Grand fan des films de genre, il n'a pas peur d'aller explorer de temps à autre des navets de série Z pour mieux apprécier les oeuvres de série A. Des films d'horreurs poisseux de l'époque Grindhouse aux classiques de science-fiction, des thrillers de court martiale des années 90 aux films d'action des années 80, des drames sur Netflix aux documentaires sur son band rock préféré, il veut toujours s'inspirer pour mieux créer et parfois juste regarder un film pour mieux s'assoir. Il travaille présentement sur une bande dessinée en anglais du nom de Somnia, une oeuvre à long terme qu'il fait évoluer pour la partager. Ancien réalisateur pour la défunte série Youtube 'Je Joue le Jeu', il participe aux Let's Plays de la chaine 'C'est Nous Qu'on Joue' avec son comparse Guillaume Couture. Somnia: https://tapas.io/series/Somnia C'est Nous Qu'on Joue: https://www.youtube.com/channel/UCyDEBufAyxRD82chNJbmAQg



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