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Critique

Publié le juin 29th, 2018 | par Éric Laforce

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Darkwood

Darkwood Éric Laforce

Summary: Une magnifique surprise à ne pas sous-estimer

4

Surprenant


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«Keep repeating, it’s only a game, it’s only a game»

La nuit tire bientôt à sa fin, je suis adossé au mur de ma chambre, armé d’une planche cloutée. J’entends autour de moi les bruits angoissants de créatures inconnues qui naviguent dans la noirceur et j’attends…

« Ce n’est qu’un jeu » que je me dis. «Sors et va voir de quoi elles ont l’air. Dans le pire des cas tu mourras et recommenceras. Après tout… c’est juste un jeu».

Mais je ne bouge pas, pétrifié dans mon coin de pièce, attendant le levé du soleil…

C’est une nuit parmi tant d’autres dans le jeu Darkwood.

De l’indie horrifique

Première création d’Acid Wizard Studio, Darkwood est un «survival horror» avec certains éléments procéduraux disponible sur PC, MAC et LINUX.

Dès l’ouverture du jeu, les sons creux et pesants mélangés au graphisme glauque nous plongent rapidement dans l’ambiance oppressante qui nous suivra tout le long du voyage (une des principale réussite du jeu selon moi).

Sur un fond noir, un texte nous dit que Darkwood ne nous prendra pas par la main. Ce qui est effectivement le cas, la séquence de prologue qui sert de tutoriel est extrêmement minimaliste. On y comprend que nous sommes perdu dans une forêt étouffante, peuplée de cadavres et de bâtiments détruits, qu’il vaut mieux éviter les combats mais surtout… qu’il ne faut jamais sortir la nuit. Sous aucun prétexte.

À partir de là, il n’en tient qu’à nous d’explorer la sombre forêt à la recherche d’indices, de matériaux et d’objets susceptibles d’augmenter nos chances de survie.

Au fil de nos expéditions on en apprendra plus sur cet endroit maudit et le mal qui l’habite. On rencontrera aussi des habitants, parfois surréalistes (tel qu’un marchand aux apparences de loup). On va devoir cuisiner les champignons mutants récoltés dans la région afin d’augmenter nos habilités. Parfois on n’aura pas le choix de combattre, dans le meilleur cas des chiens enragés, dans d’autres, des humains atteints par la folie.

Un genre renouvelé?

Les développeurs nous promettaient une nouvelle perspective sur le genre. Ce qui n’est pas faux vu leur choix d’y aller d’une caméra « top-down » pour suivre l’action. À la base ça me semblait douteux comme choix puisque le champ de vision est un des principaux outils pour créer un sentiment de terreur. Mais habilement, ils ont équipés le joueur d’un cône de vision rendant le reste autours sombre et flou, une simple souche d’arbre peut devenir menaçante au premier coup d’œil.

Cet effet réussi est rendu possible grâce à la direction artistique diablement efficace. L’idée d’y aller d’images basse résolution très détaillées(peintes de couleurs dé-saturées dans une palette allant du verdâtre au gris), rend l’environnement plus que sinistre. Pour les fans du genre Lovecraftien, vous vous sentirez à la maison. Les sols jonchés de détritus, de racines, de roches et de cadavres nous donnent parfois l’impression de marcher dans l’antre du démons. Plus on avance vers les bordures de la carte, plus l’imposante forêt infranchissable et ses arbres «Burtonesques» vont nous donner cet impression de claustrophobie qui caractérise le jeu.

Au travers de ce dédale cauchemardesque on va devoir fouiller afin de trouver des objets et des ressources pour s’armer, mais surtout barricader notre repère dans lequel on ira se terrer chaque nuit. Installer un petit piège à ours devant la fenêtre, pousser un meuble devant la deuxième porte en attendant d’avoir assez de planches et de clous pour la condamner. Le plus important, trouver de l’essence pour maintenir le générateur en marche, car il permet d’éclairer l’intérieur et de se rassurer un petit peu.

Les mécaniques fonctionnent assez bien à ce niveau, le menu construction est assez concis rendant la recherche de matériaux plutôt facile. Pour ce qui est des mécaniques de combats, elles sont volontairement lentes et pénibles afin de pousser le joueur à redouter la confrontation. Comme ça on barre immédiatement l’option «Leeroy Jenkins» de notre plan de match et on plonge plus facilement dans la lourdeur de l’ambiance.

Chaque partie se déroulera de façon unique puisque les bâtiments et les items trouvés seront disposés différemment sur la carte. Malgré tout, après plusieurs parties on gagne de la confiance, connaissant mieux les dangers. On en vient même à attendre à la dernière minute avant la nuit pour rebrousser chemin jusqu’à notre maison.

Comme vous l’aurez remarqué j’ai délibérément pris soin de ne rien dévoiler sur le mystère entourant l’histoire, puisquela découvrir progressivement est l’accroche principal du jeu.

Résumé

Au final, Darkwood est un surprenant petit bijoux indépendant qui ne connaîtra malheureusement pas la lumière de la gloire. Mais il mérite définitivement notre attention puisqu’il fait mouche à tout point de vue, dans la mesure de ses ambitions. Je le conseille vivement pour les fans d’ambiance horrifique plus que pour les fans de massacre.

Le danger persiste

Au moment d’écrire ces dernières lignes, je suis terré dans ma cabane à attendre le retour du soleil, je me dis que je devrais affronter le mal, question de pouvoir vous le décrire avant de clore l’article, mais non je ne bouge pas.

Je les entends, ils grognent et cognent à ma porte.

Depuis quelques nuit déjà, les entités se permettent de pénétrer ma maison sans même briser mes barricades ce qui me force à me cacher dans la pièce du fond.

Je suis collé sur ma lampe pour me tenir loin des ténèbres qui envahissent de plus en plus mon environnement…

J’entends une porte ouvrir…

Ma lumière s’éteint…

Merde j’ai oublié de remplir le générateur.

Éric est ce gamin à la petite école qui se faisait tout le temps dire « Tu écoutes trop de films » après avoir remis sa production écrite, ou encore, « Tu joues trop à tes jeux vidéos » lorsqu’il ne la remettait pas.

Obsédé par l’inconnu et les créatures fantastiques depuis qu’il a vu Alien étant tout petit, il a grandi en explorant les diverses propositions artistiques du genre. Que ce soit de vieux films avec Vincent Price, ou encore le légendaire jeu « Alone in the Dark » en passant par les Troma, Resident evil, Hellraiser et autres. Il s’intéresse à tous ce qui est original ou qui tente de l’être, mais sait aussi apprécier un bel hommage classique quand la situation le demande.

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À propos de l'auteur

Éric est ce gamin à la petite école qui se faisait tout le temps dire "Tu écoutes trop de films" après avoir remis sa production écrite, ou encore, "Tu joues trop à tes jeux vidéos" lorsqu'il ne la remettait pas. Obsédé par l'inconnu et les créatures fantastiques depuis qu'il a vu Alien étant tout petit, il a grandi en explorant les diverses propositions artistiques du genre. Que ce soit de vieux films avec Vincent Price, ou encore le légendaire jeu "Alone in the Dark" en passant par les Troma, Resident evil, Hellraiser et autres. Il s'intéresse à tous ce qui est original ou qui tente de l'être, mais sait aussi apprécier un bel hommage classique quand la situation le demande.



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